Le Vietnam, en pleine course aux vaccins, craint une 4e vague

: © Adrien Jean

Annonce d’un potentiel retour de la Covid-19, déploiement de la campagne vaccinale, étude gouvernementale sur la réouverture partielle des frontières : voici un point sur la pandémie de Covid-19 et sur les avancées de la stratégie vaccinale au Vietnam.


Une accalmie sanitaire précaire

La troisième vague de Covid-19 s’était peu à peu éteinte au cours des dernières semaines. La vie semblait avoir repris son cours normal dans la quasi-totalité des provinces vietnamiennes.

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Et voilà que ce vendredi, le ministre de la Santé met en garde la population face à la menace d’une quatrième vague. En cause, deux femmes vietnamiennes de 25 ans arrivées illégalement à Phu Quoc sur un bateau de pêche en provenance du Cambodge le 22 mars. Confirmées positives à la Covid-19 le 25 mars, une des femmes avait voyagé en bateau puis en bus vers Hô Chi Minh-Ville le 22 mars, tandis que l’autre avait embarqué à bord du vol VJ458 Phu Quoc – Noi Bai (Hanoi) ce même jour, avant de rejoindre Hai Phong en voiture privée.

Si le risque sanitaire demeure statistiquement minime pour le moment, l’histoire a prouvé qu’un cas isolé pouvait faire basculer un pays entier : fin novembre, le non-respect des mesures de quarantaine d’un steward avait provoqué un vent de panique à Hô Chi Minh-Ville. D’où l’actuelle vigilance gouvernementale et l’accélération progressive de la course aux vaccins.
 

Les débuts de la campagne vaccinale

Depuis le lancement officiel de la campagne nationale de vaccination le 8 mars, plus de 40 000 personnes ont reçu la première des deux doses du vaccin AstraZeneca/Oxford.

Jugé « sûr et efficace » par l’Agence européenne des médicaments et par l’Organisation mondiale de la santé lors des derniers tests, le vaccin AstraZeneca/Oxford, suspendu dans plusieurs pays européens, est au cœur des controverses en raison des risques présumés de thrombose (« formation de caillots sanguins potentiellement mortels »).

 Au Vietnam, la vaccination des travailleurs en contact direct avec la Covid-19 continue, sous la surveillance rapprochée des autorités, qui n’ont, à ce jour, détecté aucune victime d’effets secondaires graves. 30 millions de doses AstraZeneca/Oxford ont été achetées par le gouvernement pour l’année 2021.
 

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Sources d’approvisionnement : le pari de la diversité

Cette même année, le Vietnam attend également l’arrivée de 30 millions de doses promises par COVAX, le programme de coopération et de solidarité internationale face à la Covid-19.

Pour atteindre son objectif d’acquisition de 150 millions de doses vaccinales d’ici fin 2021, ce qui suppose l’achat de 90 millions de doses supplémentaires, le gouvernement poursuit les négociations entamées avec différents laboratoires internationaux : Pfizer-BioNTech, Moderna, Johnson & Johnson, Gamaleya (producteur du Spoutnik V). Spoutnik V, le vaccin russe qui divise l’Europe, est le second vaccin officiellement approuvé au Vietnam depuis le 23 mars.

Au niveau local, deux des quatre laboratoires mandatés par le gouvernement ont démarré les phases de test sur l’Homme : Nanogen et Covivac. Le vaccin élaboré par Nanogen (Nanocovax) devrait être disponible au quatrième trimestre de l’année 2021 et mis en circulation en 2022, selon une déclaration du ministère de la Santé le 17 mars.

Vers une ouverture progressive des frontières ?

Autre objet de polémique : le passeport vaccinal. Douce chimère pour les uns, véritable espoir de retour au Vietnam pour les autres, le projet est à l’étude par le gouvernement.

Le 17 mars dernier, un article paru dans la gazette gouvernementale news.chinhphu.vn était introduit par ces mots : « Le Premier ministre Nguyen Xuan Phuc a exhorté les ministères et agences concernés à envisager une reprise progressive des vols internationaux et à se préparer à l’application des « passeports de vaccination ». »

Signe de cette volonté d’ouverture progressive et maîtrisée, un vol en provenance de Taipei a atterri ce jeudi à l’aéroport international de Da Nang. Les passagers se sont présentés au comptoir d’embarquement munis d’un certificat de test négatif datant de trois jours maximum, d’un certificat d’inscription auprès d’un établissement de quarantaine et d’une déclaration médicale. Au terme d’un isolement de 14 jours dans un hôtel ou un centre dédié (en fonction des résultats d’un test à l’arrivée), les passagers seront placés sous surveillance médicale à domicile pendant 14 jours. Il s’agissait du premier vol commercial international entrant depuis le 1er décembre 2020, il y a quatre mois.

Fidèles à leur politique de rigueur et de réactivité face à l’épidémie, les autorités vietnamiennes appellent néanmoins à la prudence et précisent que la réouverture des frontières, avec ou sans passeport vaccinal, n’est pas d’actualité au vu de la situation sanitaire mondiale et des incertitudes liées aux vaccins. 2021 ? 2022 ? Saint-Glinglin ? Les paris sont ouverts.

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