Brève

Phase de recrutement des volontaires (capture d'écran de la chaîne Youtube VTC Now)

Vaccins anti-Covid : les tests humains ont commencé au Vietnam

Après les souris, les hamsters, les singes et les lapins, c’est au tour de l’Homme de tester le vaccin anti-Covid élaboré par l’entreprise pharmaceutique Nanogen. Trois volontaires ont débuté la phase 1 des essais cliniques ce jeudi 17 décembre à Hanoï.


Il y a une semaine, la société de biotechnologies pharmaceutiques Nanogen et l’Académie de médecine militaire de Hanoï lançaient conjointement une campagne de recrutement un peu particulière : celle de 60 volontaires acceptant de tester en avant-première le Nanocovax, un vaccin anti-Covid-19 développé localement, au terme d’une batterie d’essais concluants sur les animaux.


Une série de tests impliquant graduellement plusieurs milliers de personnes

Agés de 18 à 50 ans, les 60 volontaires sélectionnés parmi plus de 200 candidats seront divisés aléatoirement en trois groupes, chacun d’entre eux recevant un dosage différent du Nanocovax : 25, 50 ou 75 milligrammes. Deux injections intramusculaires seront administrées aux courageux testeurs à 28 jours d’intervalles. Après chaque injection, les volontaires seront placés sous surveillance médicale dans le centre dédié pendant 72 heures. Dès leur retour à la maison, un suivi approfondi de 56 jours puis un suivi allégé de quatre mois succèderont à la première injection.

Ce jeudi, les trois premiers volontaires du pays ont reçu une injection de 25 milligrammes, amorçant ainsi la phase 1 des tests. En cas de succès auprès des 60 volontaires, la seconde phase serait menée sur plusieurs centaines de personnes dès mars 2021 et la troisième sur plusieurs milliers de personnes à partir d’août de la même année, selon le site du ministère de la Santé.

Un vaccin prometteur talonné par le travail de trois autres laboratoires locaux

Le Nanocovax serait potentiellement disponible pour le grand public à l’horizon 2022 à un prix avoisinant les 5 dollars par dose une fois la production de masse lancée. Au-delà de son faible coût, il aurait l’avantage de se conserver à une température de réfrigération « standard » comprise entre 2 et 8 °C, à la différence de nombreux vaccins concurrents nécessitant d’être maintenus à des températures extrêmes en-dessous de 0 °C (- 75 °C pour certains).

En parallèle, trois autres vaccins sont en cours de développement au Vietnam : ceux de l’IVAC, de Vabiotech et de Polyvac. IVAC et Vabiotech devraient suivre les pas de Nanogen et lancer leurs premiers tests sur des humains respectivement en février et en mars 2021, sous réserve de l’accord définitif des autorités du pays.
 

vietnam covid vaccin nanocovax
Equipe de recherche dédiée au Nanocovax (capture d’écran de la chaîne Youtube VTC Now)


Qu’en est-il de la vaccination des Français de l’étranger ?

Le 11 décembre dernier, Jean-Baptiste Lemoyne réunissait les parlementaires afin d’aborder la question de la vaccination des expatriés français. Le secrétaire d’Etat en charge des Français de l’étranger a déclaré qu’il œuvrait à une équité de traitement entre les Français métropolitains et ceux résidant à l’étranger. Si la vaccination des expatriés suivait effectivement les mêmes principes qu’en France, cela signifierait qu’elle serait non obligatoire, gratuite et disponible. Jean-Baptiste Lemoyne a néanmoins précisé que le déploiement à l’international ne pourrait être systématique dans la mesure où il s’adapterait aux campagnes de vaccination disponibles dans les différents pays.
 

Le Vietnam – qui n’a pas connu le moindre cas de contamination locale depuis trois semaines – fait partie des 40 premiers pays à avoir testé un vaccin anti-Covid-19 sur l’Homme, selon les déclarations à la presse du professeur Do Quyet, directeur de l’Académie de médecine militaire de Hanoï.

©Adrien Jean

Un steward négligent ramène la Covid-19 au Vietnam

Au soir du 30 novembre, le ministère de la Santé a annoncé le premier cas de contamination locale dans le pays depuis trois mois. Le patient 1347, professeur d’anglais à Hô Chi Minh-Ville, a été infecté lors d’une visite à son ami steward pendant sa période de quarantaine à domicile.


Deux tests négatifs, puis…

Le 14 novembre, un steward de la compagnie Vietnam Airlines de retour du Japon atterrissait à l’aéroport de Tan Son Nhat (Hô Chi Minh-Ville), après une escale éclair à Can Tho. Lors de sa quarantaine au centre prévu à cet effet par la compagnie aérienne, l’homme de 28 ans est testé deux fois à la Covid-19. Les résultats sont négatifs. Comme le prévoit la législation, après 5 jours et 2 tests négatifs, l’équipage est autorisé à effectuer le reste de la quarantaine à domicile. Ainsi, entre le 18 et le 28 novembre, le steward reste assigné à résidence, dans le district de Tan Binh. Ce n’est que 14 jours après son arrivée dans le pays, le 28 novembre, que le steward apprend sa positivité au coronavirus lors du troisième et ultime test règlementaire.
 

La découverte de deux infractions

Le département de la Santé lance alors une enquête pour mettre en lumière l’origine de l’infection. Les autorités découvrent que pendant son séjour dans le centre de quarantaine de Vietnam Airlines, le patient 1342 est entré en contact direct avec un steward provenant d’un vol dans lequel de nombreux cas ont été détectés. L’enquête se poursuit et révèle peu après une seconde infraction : lors de sa quarantaine à domicile, l’homme avait reçu la visite de sa mère et de deux amis. Les trois visiteurs sont immédiatement isolés puis testés. L’un d’entre eux est positif à la Covid-19, un professeur d’anglais vietnamien de 32 ans habitant dans le district 6. Il s’agit du cas numéro 1347.
 

Des conséquences possiblement exponentielles

Dans l’après-midi du 30 novembre, dès l’annonce des résultats du test, le ministre de la Santé convoque une réunion d’urgence afin de mettre en œuvre les mesures de traçage, d’isolement et de dépistage de toutes les personnes en lien avec les patients 1342 et 1347. Les premiers chiffres font état de 146 personnes en contact direct avec le professeur d’anglais, dont 109 dans le district 10. Trois établissements de la ville visités par le professeur ferment leurs portes à titre préventif : KEY English Center (285/24, Cach Mang Thang 8 Street, district 10), le Highland Coffee du centre commercial de Van Hanh (No. 11, Su Van Hanh Street) et le karaoké ICOOL (No. 120, Thanh Thai street). Le centre de quarantaine de Vietnam Airlines est lui aussi fermé temporairement. Ce 1er décembre, une téléconférence réunissant 129 hôpitaux d’Hô chi Minh-Ville est en cours, sous l’égide du ministère de la Santé.
 

Un cas isolé qui pourrait changer les mesures d’isolement

Cette affaire intervient au terme de 88 jours sans la moindre infection locale répertoriée au Vietnam. Depuis le 22 mars, les frontières du pays sont fermées, mais les ressortissants vietnamiens et les étrangers ayant le statut d’expert, de travailleur hautement qualifié, d’investisseur et de diplomate sont autorisés à entrer au cas par cas, à condition de se plier à une quarantaine et à des tests de dépistage à l’arrivée, à leurs frais. Lors de la réunion du 30 novembre ayant impliqué les ministères de la Santé, de la Défense nationale, de la Sécurité, des Transports et des Affaires étrangères, un durcissement des mesures d’isolement des arrivants de l’étranger a été discuté.
 

A date, les rapports font état de 1347 personnes ayant contracté le virus au Vietnam depuis le début de la pandémie, dont 130 cas encore actifs et 35 décès. Près de la moitié de toutes les personnes ayant été contaminées sont des arrivants de l’étranger testés et isolés dès leur entrée sur le territoire, selon le ministère de la Santé. Environ 16 000 personnes seraient actuellement en quarantaine à travers le pays.

RCEP: signature à Hanoï du plus vaste accord de libre-échange au monde

Ce dimanche 15 novembre 2020, lors de la dernière journée du 37ème sommet de l’ASEAN à Hanoï, 15 pays d’Asie-Pacifique ont conclu un accord de libre-échange au sein d’une zone regroupant 2,2 milliards de personnes.
 

Un accord de libre-échange sans précédent 

Au terme de huit années de négociations, le Regional Comprehensive Economic Partnership (RCEP) a été signé ce dimanche par les dix pays membres de l’ASEAN (Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam), auxquels s’ajoutent l’Australie, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande. Au total, ces quinze économies d’Asie-Pacifique représentent près d’un tiers de la population et du PIB de la planète.

Les 15 pays signataires (capture d’écran de la chaîne Youtube DW News)

L’ouverture possible à de nouveaux acteurs

Les autres pays situés en Asie-Pacifique pourront rejoindre le RCEP dans les dix-huit mois qui suivront la date d’entrée en vigueur. Deuxième pays le plus peuplé au monde et septième puissance économique mondiale, l’Inde, qui fut l’un des pays instigateurs du traité mais s’en retira en novembre 2019, est autorisée à rejoindre cette alliance économique à tout moment. La chute de 23,9 % du PIB indien entre avril et juin 2020 pourrait bien faire changer d’avis le géant asiatique.

Les ambitions et défis du RCEP

Dans le contexte d’une économie mondiale malmenée par la Covid-19, le RCEP a pour vocation d’augmenter les échanges et les investissements entre les 15 pays d’Asie-Pacifique, notamment par la baisse progressive des droits de douane. Cependant, l’accord prometteur qui tient actuellement sur 510 pages ne sera effectif qu’après sa ratification par au moins six pays membres et trois pays non-membres de l’ASEAN, ce qui pourrait prendre plusieurs années. Par ailleurs, les produits concernés par la réduction des droits de douane n’ont pas encore été spécifiés et pourraient varier selon les pays. Enfin, pour complexifier le tout, le RCEP s’ajoute aux nombreux accords préexistants entre les différents pays.

La portée politique d’un accord commercial

Economique dans les effets, le RCEP a néanmoins une origine politique : poussé par la Chine depuis 2012, le futur traité avait pour but affiché de contrer l’influence croissante des Etats-Unis dans la région. Le retrait américain du Partenariat transpacifique (PTT) en 2017 a précipité le succès du RCEP, qui représente une opportunité exceptionnelle pour la Chine d’étendre son pouvoir politique et économique en Asie-Pacifique. Il s’agit d’ailleurs du premier accord commercial réunissant la Chine, le Japon et la Corée du Sud, trois pays moteurs de la zone. 
 

2020 est une année historique pour le Vietnam en termes d’ouverture économique. Il y a trois mois et demi, le 1er août 2020, l’Accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Vietnam (EVFTA) entrait en vigueur, avec l’ambition de supprimer 99 % des droits de douane bilatéraux d’ici 2030. Avec la signature du RCEP, le Vietnam aura bientôt des liens commerciaux privilégiés avec deux zones représentant ensemble près de 50 % du PIB mondial.

Photo : Itinéraire prévisionnel de la tempête tropicale Molave (capture d'écran du site du Centre national de prévision hydrométéorologique)

Evacuation possible d’1,3 million d’habitants à l’approche d’un typhon

Il y a peu de temps encore, les médias nationaux ne parlaient que de Covid-19, tel un disque rayé. Depuis le 6 octobre, ce sont les tempêtes et les inondations qui font quotidiennement la une des journaux du pays. A peine le centre du Vietnam vient-il de se débarrasser de la tempête Saudel qu’une nouvelle s’apprête à frapper, plus puissante encore.
 

Baptisé Molave, le 9ème typhon en mer de l’Est de l’année et 4ème du mois a quitté le territoire philippin ce lundi, après un passage décoiffant caractérisé par des rafales atteignant 150 kilomètres heure et des précipitations ayant causé 7 glissements de terrain, des inondations massives et la disparition de 12 marins.

Le typhon devrait atteindre les côtes du centre du Vietnam ce mercredi matin. Aux vents allant jusqu’à 135 kilomètres heure s’ajouteront des pluies torrentielles dans le centre du pays entre le 28 et le 31 octobre. Pour se préparer à affronter ce « typhon très violent qui affectera une vaste région », d’après les mots du premier ministre vietnamien, les autorités ont annoncé l’évacuation potentielle de près d’1,3 million de personnes et la mobilisation de l’armée, dont « des tanks, des hélicoptères et autres moyens de transport si nécessaire » (selon une dépêche Reuters publiée le 26 octobre).


Actuellement, le bilan des inondations et des glissements de terrain qui frappent le centre du pays depuis le début du mois serait d’au moins 130 morts et 20 disparus.

©Adrien Jean

31,8 millions de travailleurs touchés par la crise du Covid-19

Selon un rapport du General Statistics Office publié ce mardi 6 octobre, 31,8 millions de travailleurs âgés de plus de 15 ans ont été impactés directement par les conséquences du coronavirus depuis le début de l’année 2020.

Mardi 6 octobre, suite à une conférence de presse organisée à Hanoï, le General Statistics Office of Vietnam (GSO) a publié un rapport détaillant l’évolution du marché de l’emploi dans le pays entre janvier et septembre 2020. Selon ce rapport, 31,8 millions de travailleurs âgés de plus de 15 ans ont subi les conséquences du Covid-19 sur les 9 premiers mois de l’année 2020, ce qui représente 58 % de la population active ayant un emploi. Parmi ces 31,8 millions de travailleurs impactés, 69 % ont été contraints d’accepter une réduction de salaire, 40 % ont vu leur volume horaire diminuer et 14 % ont été licenciés ou envoyés en congés non payés.


Les services et l’industrie, premiers touchés par la crise

En termes de répartition sectorielle, la crise du coronavirus a touché 27 % des travailleurs du secteur primaire (agriculture, foresterie et pêche), 66 % des travailleurs du secteur secondaire (industries et construction) et 69 % des travailleurs du secteur tertiaire (services). Les employés les plus touchés travaillent dans les activités de divertissement (88 % des employés affectés), de l’hôtellerie restauration (82 %), de la logistique (80 %), de l’administration et autres services support (73 %) et de la production industrielle (70 %).

Selon ce même rapport, un tiers des entreprises ayant répondu à une enquête du GSO ont indiqué avoir été contraintes de licencier une partie de leurs salariés au cours des 9 derniers mois. Parmi les entreprises ayant le plus réduits leurs effectifs, celles de petite et moyenne taille et celles des secteurs de l’aviation, du tourisme et de l’hôtellerie figurent en tête de liste.
 

Un taux de chômage à la baisse

Signe d’une reprise progressive au terme d’un deuxième trimestre dévastateur pour le marché de l’emploi, le nombre de travailleurs a augmenté de 1,4 million entre juillet et septembre. Les premiers bénéficiaires de cette reprise sont les femmes (+4,1 %, soit 2,6 points de pourcentage de plus que les hommes) et les populations rurales (+3%, soit 0,8 points de pourcentage de plus que les zones urbaines), Ces deux groupes restent les plus impactés par la crise du Covid-19 sur les neuf premiers mois de l’année 2020.

Il faut cependant nuancer la reprise du marché de l’emploi, puisque le Vietnam a perdu 1,1 million de travailleurs entre le troisième trimestre de l’année 2020 et celui de l’année 2019. D’après les estimations du GSO, en l’absence de pandémie, la population active occupée aurait dû être de 56,4 millions au troisième trimestre 2020, soit 1,8 million de plus que les 54,6 millions réellement recensés à l’issue de ce trimestre.

Parmi la population active, 1,2 million de personnes étaient sans emploi au cours du troisième trimestre 2020, ce qui correspond à un taux de chômage de 2,5 %. Il s’agit là d’une diminution de 0,23 points de pourcentage par rapport au deuxième semestre, mais d’une hausse de 0,33 points de pourcentage par rapport au troisième trimestre de l’année 2019. Sur les 9 premiers mois de l’année 2020, le taux de chômage global est de 2,48 %, celui des jeunes entre 15 et 24 ans de 7,07 %.
 

Une reprise portée par l’économie informelle

Au cours du troisième trimestre 2020, le nombre de travailleurs informels était estimé à 20,7 millions, soit 1,2 million de plus qu’au second trimestre. Ainsi, entre le deuxième est le troisième trimestre, le nombre de travailleurs informels a augmenté de 5,8 %, celui des travailleurs officiels de 0,8 %. La reprise du marché de l’emploi est donc poussée par ces travailleurs aux conditions précaires, ne bénéficiant pas, pour la majorité, d’un accès aux systèmes de santé et de sécurité sociale.
 

Le sous-emploi perd du terrain

Le sous-emploi, c’est-à-dire les personnes travaillant à temps partiel ou réduit indépendamment de leur volonté, a baissé de 2,79 % au cours du troisième trimestre, ce qui représente une diminution de 1,3 millions de personnes par rapport au trimestre précédent, mais une hausse de 560 400 personnes par rapport au troisième trimestre de l’année 2019.

Si la moitié des personnes en situation de sous-emploi travaillent actuellement dans le secteur primaire, un quart dans le secteur secondaire et un quart dans le secteur tertiaire, cette tendance est néanmoins en train d’évoluer. En effet, entre le troisième trimestre 2019 et le troisième trimestre 2020, le sous-emploi a baissé de 26,1 points de pourcentage dans le secteur primaire mais augmenté de 17,6 et de 8,5 points de pourcentage respectivement dans les secteurs secondaire et tertiaire.
 

Les salaires remontent progressivement tandis que les inégalités persistent

Au troisième trimestre 2020, le salaire mensuel moyen des travailleurs était de 5,5 millions de VND (approximativement 200 €), soit une hausse de 258 000 VND par rapport au deuxième trimestre mais une baisse de 115 000 VND par rapport à la même période en 2019. Au cours des 9 derniers mois, le salaire moyen a baissé de 1,5 %, touchant d’abord les employés de l’administration et des services de support (-6,5 %), de l’hôtellerie-restauration (-5,9 %) et de la logistique (-4,9 %). Certaines activités ont néanmoins connu une hausse de salaire : les technologies de l’information et de la communication (+1,7 %), ainsi que la santé et les services sociaux (+3,3 %).

Les inégalités salariales sont également basées sur des critères sociaux-démographiques tels que le genre, le lieu ou encore l’ancienneté dans l’entreprise. Ainsi, au troisième trimestre 2020, le salaire moyen des hommes était 1,4 fois supérieur à celui des femmes (6,3 millions / 4,6 millions) et celui des travailleurs en zone urbaine 1,5 fois supérieur à celui des travailleurs en zone rurale (7 millions / 4,8 millions). Sur la même période, les nouveaux entrants sur le marché du travail ont été les plus touchés par ces réductions salariales (-0,6 % pour les employés ayant plus de 3 ans d’ancienneté, -3,8 % pour les employés ayant de 3 ans à 3 mois d’ancienneté, -42,6 % pour les employés ayant moins de 3 mois d’ancienneté).
 

On peut extraire de cette avalanche de statistiques une tendance claire : le marché du travail vietnamien reprend progressivement du poil de la bête au cours du troisième trimestre 2020, mais il reste tout de même fragile dans la mesure où il est porté par des emplois précaires et que tous les indicateurs affichent une perte de vitesse conséquente par rapport à l’année 2019.

©Adrien Jean

Vietnam en 2020 : « l’une des économies les plus dynamiques au monde »

Selon un rapport de la Banque mondiale publié le 29 juillet dernier, le PIB du Vietnam devrait connaître une croissance comprise entre 2,8 % et 1,5 % sur l’année 2020, ce qui en ferait « l’une des économies les plus dynamiques au monde » quel que soit le scénario des prochains mois.
 

Brève histoire du Covid-19 au Vietnam

Au premier semestre de l’année 2020, le Vietnam a enregistré un taux de croissance du PIB de 1,8 %, soit 5 points de pourcentage de moins que prévu. En effet, malgré un nombre de cas de Covid-19 dérisoire par rapport à la majorité des pays, le virus et les mesures gouvernementales pour prévenir sa propagation ont profondément affecté l’économie du Vietnam. En avril, le confinement au niveau national, associé à une atmosphère anxiogène et à la fermeture des frontières, provoqua l’arrêt de nombreux commerces et entreprises, mettant au chômage complet ou partiel leurs innombrables employés.

Puis, à l’issue du confinement, il y eut l’accalmie : 99 jours sans nouveau cas de coronavirus (hors cas « importés », immédiatement mis en quarantaine à leur arrivée). Les habitants se déconfinèrent, les commerces qui avaient survécu rouvrirent progressivement, le tourisme domestique repartit timidement. En juillet, la tendance fut de nouveau à l’optimisme : le virus paraissait déjà loin, même si le pays gardait ses portes closes. Et voilà que le 25 juillet, le Covid-19, pour nous rappeler sa force et peut-être aussi son sens de l’humour macabre, fit subitement son grand retour. En quelques jours, les cas de contamination se multiplièrent dans le nouvel épicentre de Da Nang et sa région. Du 25 juillet au 24 août, le nombre de patients atteints du Covid-19 passa de 416 à 1022 et celui des morts de 0 à 27, selon les statistiques officielles.

©Adrien Jean

Les perspectives économiques du Vietnam en 2020 et 2021

Le rapport de la Banque mondiale, publié le 29 juillet, ne prend pas en compte la réapparition du virus dans le pays quatre jours plus tôt, ni les mesures de distanciation sociale qui en découlèrent et se poursuivent. Cependant, statistiques et prévisions à l’appui, il apporte des éléments de réponse à la possible évolution économique du Vietnam sur le moyen et le long-terme. 

Dans ce rapport, la Banque centrale mise sur un regain de croissance au cours des prochains mois, au terme d’un premier semestre caractérisé par un fort ralentissement économique. Le taux de croissance du PIB vietnamien en 2020 devrait être compris entre 2,8 % (scénario de base) et 1,5 % (scénario pessimiste), ce qui en ferait, quel que soit le scénario des prochains mois, l’une des économies les plus dynamiques au monde. À titre de comparaison, selon ce même rapport, le PIB mondial devrait décroître de 5,2 % en 2020. En ce qui concerne l’année 2021, le taux de croissance du PIB vietnamien serait compris entre 6,8 % (scénario de base) et 4,5 % (scénario pessimiste).

La Banque mondiale met en avant la nécessité du Vietnam de s’adapter durablement à cette crise sanitaire, susceptible de transformer en profondeur l’économie du pays. Au-delà de l’accélération de la digitalisation des services, cette nouvelle situation pourrait également accroître les inégalités dans le pays, touchant de plein fouet les travailleurs à faibles revenus dont l’activité ne peut être effectuée à distance. Deux jours après la divulgation de ce rapport, la Banque mondiale octroya une aide, non remboursable, de 6,2 millions de dollars pour soutenir le pays dans sa lutte contre le Covid-19.


Cet article vise à présenter de façon synthétique et narrative quelques points clés du rapport semestriel de la Banque mondiale. Pour une analyse plus approfondie de la situation, vous pouvez télécharger le rapport complet en cliquant sur ce lien.